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Interprétation des résultats de l'analyse microbiologique

Interprétation des résultats de l'analyse microbiologique

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3 • Interprétation

microbiologique...



3.1 Risque de contamination

microbiologique par les eaux



– L’évaluation du risque : dans cette évaluation, qui devrait déterminer la rapidité et l’ampleur de l’action à entreprendre, de nombreux facteurs doivent être

pris en compte, comme il le sera envisagé dans les paragraphes suivants.

L’analyse microbiologique dans les eaux permet ainsi d’apprécier le risque

dû à des micro-organismes pathogènes (bactéries, champignons, protozoaires, virus), susceptibles d’être trouvés dans les eaux utilisées par

l’homme, et de ce fait, de provoquer des maladies (voir tableau page suivante).

La plupart des micro-organismes à l’origine des grandes épidémies historiques d’origine hydrique et de celles qui subsistent encore dans les pays

développés, ont pour habitat normal les intestins de l’homme ou de certains

animaux à sang chaud. De ce fait, il a été prouvé que dans une eau soumise à une pollution par des matières fécales, il existe un risque qu’elle

contienne des micro-organismes pathogènes de cette origine.

Il faut tout de même garder à l’esprit que des épidémies très importantes

ne sont absolument pas liée à la présence d’une contamination fécale, par

exemple les graves épidémies de légionellose ne pourraient en aucun cas

être prédites par le suivi de ces indicateurs. Il convient donc penser à la

différence entre indicateurs et pathogènes proprement dits.

Actuellement, dans les pays de climat tempéré et de protection sanitaire

satisfaisante, les affections les plus fréquentes d’origine hydrique provoquent des gastro-entérites surtout. Dans les pays chauds, le rôle des parasites, protozoaires ou vers en particulier, est considérable : la transmission

hydrique non seulement du choléra mais des dysenteries amibiennes et

des bilharzioses constitue un problème sanitaire non encore résolu et le

péril fécal reste bien présent. L’appréciation du risque se pose en termes

légèrement différents dans le domaine de l’infection et dans le domaine de

l’intoxication chimique. Les relations doses-effets sont plus imprécises

étant donné les variations du pouvoir pathogène dans une même espèce,

d’une souche à l’autre, mais aussi dans les variations de sensibilité des

individus infectés en fonction de l’âge, de l’état de santé, et surtout de l’état

immunitaire.

Le risque toxique dans le domaine de l’eau est dans la presque totalité des

cas un risque chronique. Au contraire, le risque microbiologique est un risque aigu correspondant à une pollution essentiellement intermittente, du

moins dans les pays dont l’état sanitaire général de la population est satisfaisant. Il ne s’agit donc plus de rechercher la présence et la concentration

de l’agent du risque – comme c’est le cas le plus fréquent dans le risque

chimique – mais de prévoir dans quelle mesure une telle présence pourrait

survenir.

Il faut en outre, à la suite de cette prévision, évaluer l’acceptabilité du risque, en tenant compte des modalités d’utilisation de l’eau.

L'utilisation d'indicateurs explique la place relativement faible donnée à la

recherche des micro-organismes pathogènes eux-mêmes dans les diverses réglementations nationales ou internationales.

La législation n’est basée que sur le suivi des indicateurs bactériens du

risque fécal. Les autres types de pathogènes ne sont recherchés qu’en cas

de suspicion ou dans le cadre d’un sur-contrôle préventif. Il est à noter que

1396



3 • Interprétation

microbiologique...



3.1 Risque de contamination

microbiologique par les eaux



certains pays n’ont pas la même approche et suivent dans leur contrôle le

risque parasitaire (Royaume-Uni et États-Unis suivent les Cryptospridium

et les Giardia par exemple).

Il en est de même pour l’évaluation du risque microbiologique subsistant

après un traitement de décontamination ; la présence des pathogènes dans

la ressource étant inconstante, ce n’est pas l’absence de pathogène dans

l’eau traitée qui témoignera de l’efficacité de ce traitement. Il convient d’utiliser des signes d’efficacité indépendants de la présence de ces pathogènes mais qui permettent d’affirmer que, si ceux-ci survenaient dans l’eau

avant son traitement, celui-ci réussirait à les éliminer.

Les corrélations entre indicateurs et pathogènes ne sont pas toujours parfaites. Par exemple, la résistance aux traitements de désinfection des bactéries, des virus et des parasites n’est pas homogène et en cas d’épidémie

l’absence de l’un n’est pas significatif de l’absence des autres.

Infections transmissibles par l’eau ou étroitement liées à l’eau



B



Micro-organismes

Aeromonas spp



Affections

en relation avec l’eau

GE et syndromes cholériformes (I)



B



Campylobacter jejuni/C. coli



GE (I)



B



Clostridium perfringens



Indicateur de contamination fécale peu spécifique GE (I)



B



Enterococcus spp



Aucune en relation avec

l’eau.

Indicateur de contamination fécale.



B



Escherichia coli, entéropa- GE et syndromes cholérithogènes, entérotoxiques, formes (I).

Indicateur de contamientéroinvasifs

nation fécale.



B



Légionella pneumophila



Pneumopathie,

fièvre

(in-halation d’aérosols).



B



Leptospira spp



Leptospirose ictérohémorragique (C)



B



Pseudomonas aeruginosa



Infections cutanées (C),

suppuratives ou éruptives,

surinfections, pneumopathies



G

INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS ANALYTIQUES



Classification



1397



3 • Interprétation

microbiologique...



3.1 Risque de contamination

microbiologique par les eaux



Infections transmissibles par l’eau ou étroitement liées à l’eau (suite)

Classification



1398



Micro-organismes



Affections

en relation avec l’eau



B



Salmonella typhiques et Fièvres typhoïdes (I)

para-typhiques



B



Salmonella typhimurium, GE (I), infections systéS. enteritidis (« cosmo- miques

polites ») 1 600 sérotypes



B



Shigella dysenteriae,

S. flexneri, S. boydii,

S. sonnei



GE et dysenterie (I)



B



Staphylococcus aureus



Infections cutanées suppuratives (C), indicateur

de contamination de proximité



B



Vibrio cholerae, Vibrio spp GE et cholera (I), infections

cutanées



B



Yersinia enterolitica



GE (I)



V



Adenovirus



GE (I), pharyngite, conjonctivite (C, piscines)



V



Entérovirus (3 Polio, 23 Poliomyélite (I), affections

Coxsackie A, 6 Coxsackie B, 32 neurologiques, respiratoires,

cutanées, musculaires et

ECHO, Entero 68 à 71)

cardiaques (I)



V



Virus de la fièvre jaune, virus Fièvres

hémorragiques

des dengues

(pi-qûre de moustiques Aedes

vivant à proximité des eaux).



V



Hépatite A virus (HAV), Hépatites (I)

Hépatite E virus (HEV)



V



Papilloma virus



V



Rotavirus, Coronavirus, Calici- GE (I)

virus et Norwalk, Astrovirus,

Parvovirus



P



Amibes : Naegleria, Entamoe- Amibiase (I Kystes)

ba, Acanthamoeba, Balanti- Kératite (C, eau de lavage

dium

lentilles cornéennes)



P



Cryptosporidium parvum



GE (I)



P



Giardia lamblia, G. intestinalis



GE giardiase (I Kystes)



Verrues (C, en piscine)



3 • Interprétation

microbiologique...



3.1 Risque de contamination

microbiologique par les eaux



Infections transmissibles par l’eau ou étroitement liées à l’eau (suite)

Micro-organismes



Affections

en relation avec l’eau



P



Plasmodium



Paludisme (affection de proximité, piqûre d’anophèles

vivant dans les marais)



P



Trypanosoma



Maladie du sommeil (piqûre

de glossines vivant à proximité des marais)



H



Anguillules



Anguillulose (C, baignades

en piscine, ou I)



H



Ankylostoma duodenale, A. Ankylostomiase (C, larve

brasiliensis

capable de traverser la peau,

terrains humides, rizières)



H



Ascaris lumbricoides



Ascaridiose (I, larves dans

l’eau ou la terre humide)



H



Bothriocéphale



Bothriocéphalose (affection

de proximité, ingestion de

chair de brochet)



H



Fasciola hepatica ou douve



Distomatose (affection de

proximité, ingestion de cresson d’eau)



H



Filaires



Filariose, Dracunculose (I)



H



Onchocerca volvulus



Onchocercose (piqûre de

simulies vivant près des eaux

courantes)



H



Schistosoma



Bilharziose (C voie transcutanée)



H



Taenia

solium



F



Candida albicans



F



Dermatophytes : Trichophy-ton, Mycoses cutanées (C, eau de

Microsporium, Trichosporon

mer, sable)



saginata,



Taenia Teniasis (I) irrigation par eaux

usées

Candidose (C, piscines)



B



: Bactéries.



I



: Contamination par ingestion d’eau.



V



: Virus.



C



: Contamination par contact avec l’eau contaminée.



P



: Protozoaires.



H



: Helminthes.



GE : Gastro-entérites (se traduisant par douleurs abdominales,

diarrhées, vomissements, fièvre à des degrés divers).



F



: Fungi.



G

INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS ANALYTIQUES



Classification



spp : diverses espèces



1399



3 • Interprétation

microbiologique...



3.2 Interprétation en fonction de la nature

du micro-organisme recherché



Pour toutes ces raisons, les analyses microbiologiques de l’eau sont essentiellement des analyses d’indicateurs : indicateurs de pollution dans une

eau naturelle, indicateurs d’efficacité de traitement dans une eau traitée.

L’interprétation d’une analyse d’eau résulte de la confrontation de deux

éléments :

– La nature du micro-organisme recherché.

– La modalité d’utilisation de l’eau analysée. Toutes les utilisations peuvent

avoir une implication sanitaire : l’eau destinée à la consommation humaine,

l’eau de loisir (piscines, baignades en eau vive), les eaux thermales, les

eaux usées, l’eau de culture conchylicole, l’eau destinée à l’arrosage de

végétaux utilisés pour l’alimentation de l’homme.

– L’origine de l’eau, c’est-à-dire eau traitée ou non traitée. Dans le cas

d’une eau traitée, il n’y a pas toujours de rapport entre le comptage de

bactéries indicatrices d’origine fécale et la probabilité de présence de

pathogènes non bactériens (parasites ou de virus). Cette absence de

corrélation est principalement due à une sensibilité différente des microorganismes vis-à-vis du désinfectant. Dans le cas d’une eau non traitée,

il y a une bonne corrélation entre la teneur en bactéries indicatrice et en

agents pathogènes, même si différents paramètres peuvent faire fluctuer

cette relation. On peut en dire que la mise en évidence de bactéries fécales

dans une eau traitée est, à concentration égale, plus alarmante que dans

le cas d’une eau non traitée.

Le rapport de l’InVS sur Détection et investigation des épidémies d’infection liées à l’ingestion d’eau de distribution indique que « l’idée de baser le

déclenchement d’une investigation exploratoire sur un seuil de concentration des indicateurs bactériologiques relève donc plus du pragmatisme que

de considérations scientifiques. »



3.2 Interprétation en fonction de la nature

du micro-organisme recherché

3.2.1 Micro-organismes indicateurs de pollution

Micro-organismes indicateurs spécifiques de pollution fécale

Ils sont principalement basés sur E. Coli (au sens de la norme ISO 9308-1,

c’est-à-dire que certaines bactéries sont faussement classées comme

E. Coli, comme certaines Klebisella Oxytoca par exemple) et sur les

Entérocoques. Les autres indicateurs (flore totale, coliformes totaux, spore

de bactérie sulfito-réductrice) déterminés par le code de la santé publique,

accompagnent ce suivi ; l’Escherichia coli est de beaucoup le plus important des coliformes fécaux. E. Coli est le plus important des indicateurs

fécaux, sa présence dans les eaux ne peut provenir que quasi uniquement

des matières fécales des mammifères (à titre d’indication environ 1010

CFU/g de fèces chez les humains et des concentrations proches de 1010

chez d’autres animaux comme le porc, les bovidés, etc.).

Ce sont donc des témoins sensibles indicateurs de matières fécales et

donc potentiellement de pathogènes, du fait de leur grande quantité dans

les fèces.

1400



3 • Interprétation

microbiologique...



3.2 Interprétation en fonction de la nature

du micro-organisme recherché



Des indications valables pour l’évaluation du risque ne pourront être obtenues que par la répétition des examens. Deux cas types peuvent se

présenter :

– Dans le premier cas, il s’agit d’une eau généralement de bonne qualité :

la recherche de bactéries fécales est habituellement négative. Si cependant survient un résultat positif, celui-ci doit être interprété : la conduite à

tenir dépendra de l’évaluation du risque en fonction de l’utilisation de l’eau,

de l’importance de la contamination et des chances de voir se répéter une

telle pollution. L’apparition de bactéries fécales dans ce cas constitue un

signal d’alarme, devant entrner une enquête.

– Dans le deuxième cas, il s’agit d’une eau constamment contaminée par

des germes de pollution fécale, telles que le sont presque toutes les eaux

de surface. Il ne s’agit plus dès lors d’un signal d’alarme, mais d’une évaluation de l’importance de la pollution fécale. La plupart de ces contaminations

permanentes proviennent des rejets d’eaux usées urbaines dont la concentration en coliformes est relativement constante et de l’ordre de 106 à 107

par 100 mL. La concentration en coliformes au point d’utilisation permet

donc d’apprécier l’importance d’une contamination par ce type d’effluent.



Micro-organismes indicateurs, non rộellement spộcifiques de pollution fộcale

La rộglementation franỗaise et les directives du Conseil des communautés

européennes font intervenir comme paramètre de qualité un certain nombre

de bactéries comme les coliformes et les spores de bactérie sulfitoréductrice. Ces bactéries, si elles se trouvent normalement dans les matières

fécales, peuvent également vivre et se multiplier dans les milieux naturels.

La prise en compte de ces indicateurs autres que E. Coli et entérocoques

peut être discutée.

– Les coliformes totaux : Il s’agit d’un indicateur historique et donc la

recherche est associée avec celle des E. coli dans la norme (premières

étapes de la norme 9308-1). La difficulté d’interprétation liée à cet indicateur est que si effectivement un certain nombre de bactéries mise en

évidence sont indicatrices d’une pollution fécale, certaines sont d’origine

environnementales. C’est pourquoi il faut toujours faire attention aux prélèvements positifs pour les coliformes, ce n’est pas toujours signe d’une

contamination fécale. Néanmoins certaines souches identifiées peuvent

présenter un risque de santé publique. La diversité des souches couverte

par cette norme (Citrobacter, Enterobacter…) et leur sensibilité différentes

aux traitements de chloration pourrait permettre de nous informer d’une

contamination d’un réseau. Une augmentation du nombre d’identification

des coliformes montrerait alors un probable problème.



G

INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS ANALYTIQUES



Dans l’un et l’autre de ces cas, il conviendra de tenir compte, pour l’interprétation de la concentration en germes fécaux, des circonstances météorologiques : les eaux de nappes peu profondes sont plus souvent contaminées après de fortes précipitations ou après les fontes des neiges qui

submergent la protection des terrains filtrants ; les eaux de baignade (mer,

rivière) sont plus riches en germes fécaux au début des saisons orageuses

qui effectuent un véritable lessivage des rives, et déclenche des rejets

d’orages des réseaux.



1401



3 • Interprétation

microbiologique...



3.2 Interprétation en fonction de la nature

du micro-organisme recherché



– Les bactéries aérobies revivifiables à 22 ou 36 °C ne sont pas d’origine

fécale. Elles fournissent quelques informations ; comme la prolifération

de la flore dans un réseau alimenté par une eau mal traitée, c’est-à-dire

riche en matière organique. Des variations de concentration de plus d’un

facteur 10 sont interprétées comme un changement de qualité dans le

code de la santé publique. Ces interprétations si elles n’évoquent pas de

risque épidémique, peuvent là aussi être indicatrices d’une certaine dérive

du traitement. La stabilité est un bon signe de protection. Il est parfois

d’usage d’attribuer une plus grande signification aux variation de la flore à

22 °C qu’a 37 °C, les bactéries d’origine environnementale se développant

principalement à des températures basses.

– Les spores de bactéries sulfito-réductrices sont le témoin de l’efficacité

du traitement et apportent des informations complémentaires intéressantes. En partie d’origine fécale elles subsistent lors de la désinfection qui fait

dispartre les bactéries non sporulées. Certains auteurs ont indiqué que

la différence des concentrations en entrée et en sortie de traitement indique les performances de la clarification, notamment vis-à-vis des risques

associées (essentiellement parasitaire mais aussi viral) d’où son inscription

dans le code de la santé publique. Son interprétation n’est toutefois pas

facile, en tout cas moins aisée que pour d’E. coli et d’entérocoques. Dans

la pratique, on n’accorde pas toujours assez d’importance à ce paramètre,

l’analyse du contexte étant nécessaire. Le rapport de l’InVS résume bien

cette approche : « L’usage de ce paramètre comme signal d’une menace

épidémique potentielle est à apprécier localement au regard du bruit de

fond en termes de contamination microbiologique des eaux et de la vulnérabilité des ressources. »



3.2.2 Autres micro-organismes pathogènes

Les micro-organismes pathogènes d’origine fécale pourront être recherchés pour constater la matérialisation d’un danger vis-à-vis duquel la présence de bactéries fécales joue le rôle de signal d’alarme. Cet examen est

souvent pratiqué en liaison avec les examens biologiques effectués chez

des malades atteints dune maladie infectieuse dont on soupỗonne une

origine hydrique. En fait, seules les Salmonella et les Shigella sont des

bactéries fréquemment recherchées, en dehors de cas d’épidémies bien

établis. Ces dernières années cependant, une certaine importance a été

attribuée aux Yersinia, aux Campylobacter, aux virus et aux parasites

(Cryptosporidium et Giarda principalement, voir Marchal). Les risques sanitaires provenant de micro-organismes d’origine non fécale sont surtout

importants au cours des baignades et pratiques thermales. Ils ne peuvent

être évalués que par la recherche des pathogènes eux-mêmes :

Pseudomonas aeruginosa, Staphylococcus aureus, Legionella pneumophila sont les plus fréquemment recherchés. Les amibes pathogènes

(Naegleria fowleri ) ont fait l’objet d’études récentes, et leur recherche peut

être effectuée dans des laboratoires d’hydrologie spécialisés.



3.2.3 Virus

Pour les virus aucun critère microbiologique n’est fixé (sinon l’absence

« les eaux destinées à la consommation humaine ne doivent pas contenir

1402



3 • Interprétation

microbiologique...



3.3 Interprétation en fonction

de l’utilisation de l’eau



un nombre ou une concentration de microorganismes de parasites ou de

toutes autres substances constituant un danger potentiel pour la santé

des personnes » du code de la santé publique). À l’instar des parasites,

les virus ne se multiplient pas dans l’eau, leur concentration potentielle est

donc faible, il faut donc concentrer de grands volumes d’eau afin de les

mettre en évidence. Cette faible concentration n’est pas un critère pour

définir leur dangerosité, la dose infectante théorique étant faible.

« Le bilan des connaissances relatives aux virus transmissibles à l’homme

par voie orale » rapport de l’AFSSA de 2007 précise bien l’efficacité des

différents traitements vis-à-vis des virus. Pour estimer l’efficacité des traitements, la quantification des bactériophages MS2 (de taille et de forme

comparables à un certain nombre de virus pathogène) semble constituer

une approche prometteuse, aussi bien pour les techniques de filtrations

(taille comparable) d’adsorption que pour les traitements de désinfection

UV (ou ils sont considérés comme plus résistant que les virus humains).



3.3 Interprétation en fonction

de l’utilisation de l’eau

Conformité aux réglementations et recommandations

Les directives du Conseil des communautés européennes et la réglementation franỗaise excluent impộrativement les prộsences dE. coli fộcaux et

dentộrocoques dans 100 mL. La même exigence porte sur les coliformes

« totaux ».

En pratique, la plupart des DDASS tolèrent ces événements et considèrent

qu’une UD est non conforme quand plus de 5 % des échantillons prélevés

au cours de l’année sont positifs.

Dans le cadre des eaux distribuées par canalisation, en plus des exigences, des « niveaux guides » sont proposés par les directives : les concentrations correspondantes sont de 10 germes à 37 °C, et 100 à 22 °C par

mL.

La réglementation pose le principe que l’eau destinée à la consommation

humaine ne doit pas contenir de micro-organismes pathogènes. Mais

ceux-ci, ne seront recherchés, qu’en tant que de besoin, sans qu’une périodicité fixe soit imposée.

L’amélioration des techniques d’isolement a augmenté la fréquence de ces

constatations. Elle a permis également de mettre en évidence l’absence de

corrélation statistique entre la présence de bactéries fécales et d’autres

pathogènes.



G

INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS ANALYTIQUES



3.3.1 Eau destinée à la consommation humaine



Les prescriptions du code de la santé publique entrnent que :

D’une part, les eaux ne peuvent pas être distribuées sans traitement de

désinfection. D’autre part, lorsqu’un traitement de la ressource est nécessaire, la seule adjonction de désinfectant serait rarement suffisante car

souvent, elle ne permettrait pas d’obtenir une concentration en Clostridium

1403



3 • Interprétation

microbiologique...



3.3 Interprétation en fonction

de l’utilisation de l’eau



sulfito-réducteurs ne dépassant pas 1 spore par 100 mL. Il semble que

dans de nombreux cas, une filtration (sur sable, par exemple) devrait être

instituée préalablement à la désinfection, ce qui présenterait un intérêt pour

l’élimination des parasites. Dès lors, l’efficacité de cette filtration pourrait

être vérifiée par les dénombrements bactériens ou la recherche des spores

de Clostridium.

Il convient de faire une distinction entre la constatation d’une non-conformité aux normes et l’évaluation d’un risque considéré comme inacceptable.

Actuellement, un certain nombre d’eaux peuvent ne pas être conformes

aux normes et ne pas être réellement dangereuses.

Même quand le danger est faible, tout dépassement des normes doit

entrner une intervention dont l’urgence et l’importance seront fonction de

l’évaluation réelle du risque par un hygiéniste qualifié et ceci en connaissance de la dépense qui en découlera.

Interprétation des normes

Cette interprétation pour les divers paramètres connt des modalités différentes selon le lieu du prélèvement dans le cycle du captage et de la distribution.

Au stade du captage. Analyse de type RP ou RS. Les exigences réglementaires portant en particulier sur des témoins de pollution fécale constituent

des signaux d’alarme extrêmement précoces.

Quand une eau n’est pas apte à être distribuée comme eau potable, on

doit y remédier par un traitement approprié. Cependant, une limite de

qualité est imposée aux eaux brutes, au-delà de laquelle une procédure

spéciale est nécessaire pour obtenir l’autorisation de les transformer en

eau destinée à la consommation humaine. Dans le domaine de la microbiologie, ces valeurs guides concernent les paramètres spécifiques de la

pollution fécale : coliformes, E. Coli et entérocoques dont les concentrations ne doivent pas excéder respectivement 50 000, 20 000 et 10 000

colonies par 100 ml. Il est certain que plus une pollution de cette nature

est intense, plus une défaillance dans le traitement pourrait avoir de graves conséquences, et plus grand est le risque de rencontrer dans cette

eau brute un micro-organisme pathogène dont on ne sait pas exactement

quelle sera sa réponse au traitement. En présence d’un dépassement de

normes de cette nature, l’attention doit être attirée sur le danger qu’il y

aurait à vouloir y remédier par une unique décontamination microbienne

chimique. Une telle opération permettrait sans doute l’abaissement des

concentrations de ces paramètres, en particulier des coliformes, dans des

limites acceptables, mais on ne sait si tous les micro-organismes pathogènes réagiront dans les mêmes conditions. Une telle confusion entre

indicateur de pollution et indicateur d’efficacité de traitement serait préjudiciable à la santé publique.

Les autres indicateurs tels que la flore totale et surtout les spores de

bactéries sulfito réductrices sont alors très importants pour estimer l’abattement de la filière de traitement.

Après le traitement. Le risque est essentielllement fonction de la qualité

de l’eau brute et de la filière. En effet, lors de l’utilisation d’une eau de

1404



3 • Interprétation

microbiologique...



3.3 Interprétation en fonction

de l’utilisation de l’eau



bonne qualité, il est difficile d’appréhender les disfonctionnements, ces

derniers ne se traduisant pas par une augmentation des indicateurs.

Toute défaillance devient inacceptable, même si elle se traduit par des

signes mineurs, comme une simple élévation anormale des dénombrements bactériens.

Au stade du robinet du consommateur. Lorsque l’eau correcte après son

captage ou son traitement, n’est plus conforme au stade de la mise à disposition du consommateur, il faut rechercher la cause de cette situation.

L’accroissement de la population bactérienne peut provenir soit du développement de celle existant à l’entrée du réseau, soit de l’intrusion d’une

flore extérieure, que ce soit par des interconnexions entre canalisations,

par le mauvais entretien et isolement des réservoirs, ou par le développement de biofilm.

Dans le premier cas, ne devraient être retrouvés que des accroissements de

germes dits « totaux », à la rigueur de coliformes, ou de Clostridium, pour

lesquels une tolérance est admise. Mais toute présence de E. Coli ou d’entérocoques est symptomatique d’une pollution externe des réseaux, ou bien

d’une défaillance au moment du captage ou du traitement : leur présence

est donc de toute faỗon problộmatique.



Cas des eaux embouteillộes. Leau embouteillộe est soumise, selon les

directives du Conseil des communautés européennes, à des exigences

très sévères de qualité, concernant notamment les dénombrements bactériens. Ces exigences doivent être contrôlées dans les 12 heures qui suivent

l’embouteillage. Au moment de la consommation, ces germes se sont souvent multipliés, surtout dans le cas d’emballages en plastique, dans de très

grandes proportions. Ceci d’ailleurs ne présente aucun risque particulier

vis-à-vis de la santé du consommateur, puisqu’il s’agit de la flore initiale de

ces eaux, a priori non pathogène. Des exigences portent également, dans

le cas des eaux embouteillées sur les dénombrements de la flore totale : 20

germes par mL au maximum, par culture à 36 °C, 100 germes par mL, par

culture à 22 °C, l’analyse étant effectuée dans les 12 heures suivant le

conditionnement.

Cas des captages familiaux. Dans les habitations isolées, il est souvent

nécessaire de faire appel à des eaux de puits ou de source, dont la qualité

n’est pas égale à celle des eaux de distribution publique. Les prélèvements

devront être faits par le propriétaire et usager dans les conditions les plus

défavorables : pluies abondantes, fonte des neiges, et, dans le cas de

localités à habitat saisonnier, dans les périodes de densité importante de la

population ; c’est particulièrement la pollution par des bactéries témoins de

contamination fécale qui sera recherchée. En cas de pollution, l’évaluation

du risque sera faite en fonction d’une enquête sur les origines de celle-là :

présence de fermes, de troupeaux dans le voisinage, qualité du terrain filtrant, etc. Les notions précédemment développées à ce sujet sont à nouveau valables dans une telle situation.



G

INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS ANALYTIQUES



L’attention doit être attirée sur les pollutions qui peuvent survenir dans les

immeubles du fait des appareils de « traitement » ou de leurs recharges et

entretiens dans des conditions hygiéniquement peu satisfaisantes. Le premier signe, et le plus fréquent, est généralement un accroissement notable

des ô flores totales ằ.



1405



3 Interprộtation

microbiologique...



3.3 Interprộtation en fonction

de l’utilisation de l’eau



3.3.2 Eaux de baignades aménagées en eau vive : mer, rivière

Les risques sont liés à l’ingestion de l’eau, ou au contact de celle-ci avec la

peau ou les muqueuses. L’ingestion d’eau au cours d’un bain ramène au

problème de l’eau d’alimentation. Mais la quantité d’eau ingérée est beaucoup moins importante et de ce fait, le risque d’absorber une dose minimale

infectante d’un pathogène est beaucoup plus faible. En outre, le risque de

multiplication d’un pathogène dans un aliment préparé avec une eau le

contenant en faible concentration, n’existe pas dans la baignade où l’eau

est bue directement. On peut donc tolérer une certaine contamination

fécale dans une baignade en eau vive, contamination d’ailleurs inévitable

dans la plupart des cas.

Différentes études épidémiologiques ont montré la relation entre gastroentérites et exposition aux eaux contaminées lors de baignades (voir Kay

2003, Wiedenmann 2004 et InVS 2000). Ces travaux ont amené à la révision de la norme baignade européenne qui a été modifiée en février 2006,

la directive 2006/7/CE est maintenant applicable. D’autres types d’infections sont possibles par voie cutanéo-muqueuse.

Ces infections par voie cutanéo-muqueuse sont de deux types. Pour le

premier, il peut s’agir d’affections internes comme celles résultant de la

pénétration à travers les téguments de leptospires pathogènes. Ce sont

des maladies graves, atteignant chaque année en France quelques dizaines de personnes. Pour le second, il s’agit le plus souvent d’infections de

la peau ou des muqueuses dues à des germes pyogènes, tels que les staphylocoques pathogènes, les Pseudomonas aeruginosa, ainsi qu’à des

levures et des champignons dermatophytes.

Les cyanobactéries doivent également être spécifiquement surveillées,

la production de toxine par ces bactéries photosynthétique est possible

et potentiellement dangereuse. Différents arrêtés précisent en France les

conditions de leur surveillance. Ainsi, le ministère chargé de la santé, par

circulaire en date du 4 juin 2003 (puis circulaire du 28 juillet 2004 et circulaire du 5 juillet 2005), en s’appuyant sur les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé et du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique

de France a défini des modalités de surveillance et de gestion des eaux

affectées par des développements de cyanobactéries.

La directive 2006/7/CE utilise les quatre dernières années du suivi pour

définir des niveaux de qualité de l’eau (insuffisante, suffisante, bonne ou

excellente). Deux paramètres doivent être analysés, les entérocoques et

les E. Coli. Le tableau I et II indiquent les limites pour les eaux douces ou

côtières. Le décret du 18 septembre 2008 transpose cette directive dans

le Code de la Santé publique.



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Interprétation des résultats de l'analyse microbiologique

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