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Critères globaux de pollution

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2 • Critères globaux de

pollution



2.1 Objectifs et principe des critères globaux



– de la couleur (cf. § A-2.1) et éventuellement de l’odeur (cf. § A-2.2),

bien que ce dernier paramètre puisse présenter quelques dangers (il n’est

d’ailleurs pas conseillé de le pratiquer),

– de l’oxygène dissous (cf. § A-9.3).

Ces examens physico-chimiques ont été décrits en chapitre A (analyse

physico-chimique des eaux naturelles) et ne sont donc pas repris dans

cette partie sur les eaux résiduaires, à l’exception du pouvoir oxydo-réducteur (EH et rH, § D-2.6).

Les critères globaux de pollution organique sont particulièrement importants, même si l’estimation de ce type de pollution est un problème complexe et délicat.

Du fait même de la nature très diverse des matières organiques et des

divers stades de dégradation, il n’est pas possible de considérer qu’une

seule méthode ou un seul test puisse permettre de saisir les données de

l’ensemble du problème. L’oxydation des matières organiques pour donner

de l’anhydride carbonique et de l’eau, et celle des composés minéraux de

l’azote pour les substances quaternaires, conduit à une consommation de

l’oxygène de l’eau, renouvelé par l’oxygène de l’air. En principe, les matériaux carbonés sont utilisés comme nutriments par les germes aérobies ; les

ions ammonium sont oxydés (notamment par les nitrosomonas) en nitrites,

ceux-ci étant à leur tour oxydés (notamment par les nitrobacters) en nitrates. Ces différentes réactions peuvent, dans un milieu très pauvre en oxygène comme les égouts ou les eaux stagnantes, conduire à la nécessité

pour les bactéries de se procurer de l’oxygène aux dépens non seulement

des nitrates et des nitrites mais à partir des sulfates avec dégagement

d’hydrogène sulfuré. Si ces phénomènes d’oxydation peuvent être élaborés

dans la nature, il est plus difficile de les reproduire au laboratoire et d’obtenir la dégradation ultime des matières organiques. Néanmoins certains

tests comme la DBO permettent une appréciation des phénomènes par

voie biologique, avec leurs inhérentes difficultés de reproductibilité.

Cependant, pour parvenir à une oxydation plus complète des matières

organiques, ont été développées des méthodes chimiques utilisant des

réactifs plus ou moins énergiques avec une méthodologie précise. Parmi

les méthodes utilisées, celle au dichromate de potassium est la seule utilisộe aujourdhui. Dune faỗon gộnộrale, la dộgradation des substances

organiques par des tests chimiques étant différente, les résultats sont difficiles à comparer avec ceux obtenus pour les tests biologiques. En particulier l’oxydation obtenue avec le dichromate de potassium est extrêmement

poussée sans être totale et aboutit pratiquement à la solubilisation des

matières en suspension. Dans ces conditions on a une présentation maximale de la demande en oxygène, que les phénomènes naturels mettent

beaucoup de temps à réaliser sans l’obtenir obligatoirement.

Les méthodes basées sur le carbone, dénominateur commun des matières

organiques, se sont considérablement développées grâce à une évolution

des performances de l’instrumentation. Ces techniques présentent l’avantage d’être applicables à toutes les catégories de produits organiques, donc

de permettre dapprộcier dune faỗon plus complốte la pollution surtout en

prộsence de composés difficilement oxydables. De plus, l’obtention des

résultats est rapide et les dosages sont souvent automatisés.

972



2 • Critères globaux de

pollution



2.1 Objectifs et principe des critères globaux



2.1 Objectifs et principe des critères globaux



D

EAUX RÉSIDUEAIRES



L’objectif des critères globaux de pollution est d’évaluer grâce à un paramètre unique le risque polluant associé aux effluents. Quelques concepts

globaux émergent en effet en examinant l’impact d’un rejet sur un milieu

naturel :

– la présence de matières en suspension provoque la mort des poissons

par asphyxie et empêche la pénétration de la lumière dans les eaux,

– les matières oxydables consomment l’oxygène dissous et entrnent

l’asphyxie des êtres vivants,

– la présence de substances à effet toxique dans les rejets inhibe le

développement de certains organismes aquatiques ou provoque leur mortalité,

– le rejet de composés azotés et phosphorés peut provoquer un développement exagéré de végétaux dans les eaux de surface (eutrophisation).

Ces considérations sont à l’origine du développement des paramètres

MES (matières en suspension), Métox pour évaluer la toxicité minérale

d’un effluent ou matières inhibitrices pour globaliser les effets toxiques des

composés minéraux et organiques et des analyses des formes de l’azote

et du phosphore.

S’agissant de déterminer les matières oxydables d’un effluent ou d’approcher sa teneur globale en matière organique, d’autres approches ont été

développées.

La première approche analytique s’appuie sur le fait que le rejet de matières organiques dans le milieu naturel conduit à une dégradation de cette

matière organique, provoquant la consommation de l’oxygène du milieu. Il

a donc été recherché une simulation de cette consommation en oxygène

en utilisant :

– une oxydation chimique de l’effluent. C’est ce qui a été développé dans la

méthode de la DCO (demande chimique en oxygène), de même que dans

celui de l’indice permanganate (IP), dont l’usage concerne essentiellement

les eaux naturelles,

– une dégradation par voie biochimique (biodégradation) en mettant

l’échantillon en présence d’une population de microorganismes. Cela a

donné naissance au paramètre DBO (demande biochimique en oxygène).

Les résultats de ces différentes méthodes s’expriment alors en mg d’oxygène par litre.

Parallèlement, d’autres méthodes se sont développées utilisant la décomposition (si possible complète) de toutes les matières organiques présentes.

Ces techniques font appel à des procédés d’oxydation (par voie thermique

en présence d’un catalyseur, par voie chimique, par voie photochimique

ou encore par voie biologique). Ces techniques d’oxydation dégradent la

matière organique en la minéralisant (transformation en composés minéraux correspondants), comme l’illustre la réaction suivante, pour une molécule hypothétique CxHyOzNtPvXw (où X représente un atome d’halogène :

F, Cl, Br, I), oxydée totalement en milieu aqueux :



973



2 • Critères globaux

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2.2 Matières en suspension (MES et MVS)



CxHyOzNtPuSvXw + n O2



Oxydation

en milieu aqueux



x CO2

+ t NH3

+ u H3PO4

+ v H2SO4

+ w HX

+ m H 2O



Pour la consommation d’oxygène, cette équation correspond à une

demande théorique en oxygène, pas toujours atteinte pour l’ensemble des

paramètres.

L’analyse des produits d’oxydation permet d’accéder à différents paramètres :

– le carbone organique total, en analysant le CO2 produit,

– l’azote organique en analysant le NH3 produit,

– le phosphore total en analysant P2O5 formé,

– les composés organohalogénés en analysant les acides halogénés HX

formés.

En déterminant la quantité d’oxygène consommée lors de la biodégradation on accédera enfin au paramètre demande biochimique en oxygène

(DBO).

C’est l’ensemble des paramètres dérivant de ces approches déterministes

qui est décrit dans ce chapitre.

Il faut cependant noter que ces méthodes peuvent prendre en compte

toute substance présentant un caractère réducteur et certains composés

minéraux réducteurs seront également oxydés. Dans l’impossibilité d’éviter

l’oxydation de ces composés, il a été admis de les inclure comme partie

prenante de ces tests, même si ce n’est pas l’objectif premier. Mais on

essaiera toutefois d’éliminer certains composés majeurs qui limiteraient la

représentativité de certains tests. C’est le cas des ions chlorure, qui seront

complexés pour la détermination de la DCO.



2.2 Matières en suspension (MES et MVS)

■ Préparation de l’échantillon



Débarrasser l’échantillon des éléments grossiers au moyen d’un tamis à

mailles carrées de 5 mm de côté (module AFNOR n° 38). En présence de

graisses et d’huiles, homogénéiser l’eau brute tamisée.

■ Mode opératoire



La détermination des matières en suspension (MES) dans les eaux usées

se fait soit par filtration sur membrane, soit par centrifugation.

– Méthode par filtration sur membrane : se reporter à la détermination des

matières en suspension dans les eaux naturelles (A-3.3.1).

– Méthode par centrifugation : se reporter à la détermination des matières

en suspension dans les eaux naturelles (A-3.3.2).

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2 • Critères globaux

de pollution



2.4 Matières en solution



Conserver les eaux issues des opérations de filtration ou de centrifugation

pour la détermination des matières en solution.

Un traitement à 525 Ȁ 25 °C permet d’obtenir par différence la teneur en

matières organiques en suspension, appelées encore matières volatiles en

suspension (MVS). Il peut y avoir des erreurs par défaut (matières organiques volatiles à moins de 100 °C) et par excès (sels minéraux dissociés ou

volatils entre 100 et 500 °C).



Remarques



2.3 Turbidité



D

EAUX RÉSIDUEAIRES



– Les matières en suspension étant susceptibles de variations dans les 24 h

suivant le prélèvement, il convient de pratiquer cette mesure très rapidement,

dans les 6 h qui suivent. Les échantillons seront également transportés et

conservés à 4 °C.

– Matières en suspension dans les eaux de chaudières. Les chaudières fonctionnant à une pression de 1,4 kg/cm2 peuvent contenir des matières en suspension jusqu’à une teneur de 350 mg/L. L’utilisation de coagulants provoque

leur sédimentation. Pour estimer leur concentration, il peut être suffisant de

recueillir un échantillon dans un tube jaugé et de lire le volume de boues. Les

résultats sont exprimés en millilitres par litre d’eau.



La turbidité des effluents résiduaires et des eaux polluées est en général

très élevée, elle ne peut de ce fait être exprimée en gouttes de silice ou de

mastic. La turbidité est donc définie par absorptiométrie. La mesure est

effectuée au moyen d’un spectrophotomètre à 720 nm, car à cette longueur

d’onde l’influence de la couleur est négligeable. Pour éviter l’interférence

due à la présence de grosses particules décantables, il convient de les

éliminer au préalable par décantation.

Les résultats sont exprimés en unités d’absorbance. L’appareil est étalonné

avec des suspensions de matières non décantables obtenues à partir de

masses définies de sédiments de fond du bassin dont l’eau est étudiée.

Pour éliminer les matières solubles, ces sédiments sont traités à l’ébullition

par de l’acide chlorhydrique dilué à 50 %, puis lavés abondamment à l’eau

permutée. Il s’agit donc là essentiellement de mesures de comparaison

dans des cas bien définis.

Dans le domaine de l’exploitation des stations d’épuration, la méthode de

Secchi est très largement utilisée (A-3.5.2).



2.4 Matières en solution

Dans une capsule en acier inoxydable, silice ou platine, tarée après passage au four à 525 °C et refroidissement dans un dessiccateur, introduire

une fraction connue de l’eau issue de la centrifugation ou de la filtration.

Évaporer au bain-marie jusqu’à siccité. Porter le résidu à l’étuve jusqu’à

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2 • Critères globaux

de pollution



2.6 Matières totales

ou matières séches (MS)



masse constante. Peser. Introduire ensuite la capsule au four et minéraliser

pendant 2 heures à 525 °C Ȁ 25 °C. Laisser refroidir au dessiccateur et

peser à masse constante. Soit X la masse de l’extrait sec à 100 °C, et X ʹ

la masse du résidu après minéralisation à 525 °C Ȁ 25 °C (fraction dite

minérale) dans la prise d’essai.

X – X ʹ représente la masse de la fraction dite organique dans la prise d’essai.



Remarques

– Une température supérieure à 525 °C Ȁ 25 °C, peut entrner une destruction

partielle des chlorures.

– En présence de quantités importantes d’hydrogénocarbonates, il peut être

utile de pratiquer une mesure complémentaire après dessiccation à 180 °C.

– Éviter d’avoir un résidu supérieur à 200 mg.



2.5 Matières décantables

Se reporter à la détermination des matières décantables dans les eaux

naturelles (cf. § A-3.2).



2.6 Matières totales ou matières sèches (MS)

Ce sont les matières déterminées par évaporation de l’eau brute tamisée.

Elles peuvent aussi être calculées en faisant la somme des matières en

suspension et des matières en solution. C’est en fait le résidu sec sur l’eau

brute tamisée.

Évaporer au bain-marie 100 mL d’eau brute tamisée. Porter le résidu à

l’étuve à 105 °C pendant 2 heures. Laisser refroidir au dessiccateur. Peser.

Soit Y la masse de l’extrait sec à 105 °C. Passer ensuite dans un four à

525 Ȁ 25 °C pendant 2 heures. Laisser refroidir au dessiccateur. Soit Y ʹ la

masse du résidu.

Y

= Masse des matières totales dans la prise d’essai.



= Masse de la fraction minérale des matières totales dans la prise

d’essai.

Y – Y ʹ = Masse de la fraction organique des matières totales dans la prise

d’essai.



Remarque

Les résidus sont déterminés dans les mêmes conditions que celles indiquées

pour les eaux naturelles. Cependant, étant donné les caractéristiques très variables des eaux résiduaires, en particulier en ce qui concerne la nature des produits, il faut s’attendre à la perte des composés volatils, à certaines difficultés

lors du passage au four et pour l’obtention de résidus à masse constante.



976



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2.7 Pouvoir oxydo-réducteur (EH et rH)



2.7 Pouvoir oxydo-réducteur (EH et rH)

Les eaux résiduaires (notamment urbaines) présentent un potentiel d’oxydo-réduction qui peut être mesuré grâce à une cellule électrochimique

constituée d’une électrode de mesure (platine) et d’une électrode de référence (cf. § A-5.4). Quand l’électrode de référence est l’électrode standard

à hydrogène (ESH, couple H+/H2 (g) avec E0H = 0) la mesure du potentiel lié

au déplacement des électrons, donne la valeur de EH. Comme l’électrode

de référence est très souvent l’électrode dite « au calomel » (Hg(l)/Hg2Cl2,

KCl-4,6 M, E0H = 0,244 volts à 25 °C), la valeur du potentiel mesuré est :

Ecal = EH – 0,244 V



EH = E0H + (0,059/2). log [(aH)2/pH2]

avec E0H = 0 et log (aH)2 = – 2 pH

L’indice rH peut être alors calculé par :

rH = [EH/0,029] + 2 pH



Remarques

– Les eaux usées urbaines frches et récemment recueillies ont un E0 qui

avoisine 100 mV. Le milieu réducteur (fosses septiques, putréfactions lors de

stase dans les réseaux, corps chimiques réducteurs) se traduit par un E0 inférieur à 40 mV, voir négatif (voir figure).



D

EAUX RÉSIDUEAIRES



On définit également l’indice rH (cf. § A-5.5). comme étant le cologarithme

de la pression partielle en hydrogène, -log pH2. En effet, l'expression de

NERSNT pour le couple H+/H2 s’écrit :



– Les valeurs de r H supérieures à 25-27 caractérisent un milieu oxydant. les

produits de dégradation chimique et biochimique sont à leur plus haut degré

d’« oxygénation » (sulfates, nitrates, anhydride carbonique).

– Les valeurs de r H comprises entre 15 et 25 traduisent des conditions de

milieu aérobie qui favorisent l’oxydation des composés organiques et le passage aux formes oxygénées citées plus haut. C’est le milieu « ắré » classique

des eaux brutes normales qui, sous l’effet de l’activité bactérienne et de l’apport

d’oxygène voient leur r H évoluer de 15 à 23-25 environ.

– Les valeurs de r H de 13 à 15 définissent la zone de transition entre les milieux

aérobie et anaérobie. C’est aussi la zone de virage du bleu de méthylène, réactif

utilisé pour tester la putrescibilité des eaux. Coloré en bleu pour des valeurs de

rH supérieures à 15, il se décolore dès que la valeur du r H est inférieure à 13.

– Les valeurs de r H inférieures à 13 caractérisent les milieux réducteurs : eaux

septiques (r H = 13), eaux nauséabondes (r H = 10), etc.



977



2 • Critères globaux

de pollution



2.8 Demande biochimique en oxygène

(DBO)



2.8 Demande biochimique en oxygène (DBO)

Le test de la demande biochimique en oxygène a constamment fait l’objet

de discussions. Amélioré et précisé, dans des conditions de pH, de température, de salinité bien déterminées, il constitue cependant un moyen

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2 • Critères globaux

de pollution



2.8 Demande biochimique en oxygène

(DBO)



Courbe possible en présence

d’organismes nitrifiants

en quantité suffisante



D

DBO des composés de l’azote



Nitrification



DBO carbonée



Oxydation

carbonée



5



10



15



EAUX RÉSIDUEAIRES



Oxygène consommé (mg/L)



valable de l’étude des phénomènes naturels de destruction des matières

organiques. Les difficultés d’application, d’interprétation des résultats, de

reproductibilité, sont liées au caractère biologique de la méthode. La

courbe de consommation d’oxygène est d’abord faible puis s’élève rapidement jusqu’à un plateau, sous l’action de la phase logarithmique de croissance. L’oxydation des matières organiques n’est pas le seul phénomène

en cause ; il faut y ajouter l’oxydation des nitrites et des sels ammoniacaux

ainsi que les besoins nés des phénomènes d’assimilation et de la formation

de nouvelles cellules.

La figure ci-dessous montre une courbe typique de DBO obtenue sur un

effluent urbain.



20



Temps (jours)



Exemple de courbe de DBO pour un effluent urbain



L’étape de nitrification prend également en compte les sels ammoniacaux

formés lors de l’oxydation carbonée, cette oxydation carbonée pouvant

s’écrire schématiquement à l’aide de l’équation suivante :

Matière organique + oxygène + microorganismes + éléments nutritifs

Ỵ sous-produits de biodégradation (CO2, H2O, NH3…)

+ biomasse bactérienne

Mais la mesure de la DBO ne doit pas prendre en compte la nitrification de

l’azote ammoniacal. Il est donc préconisé dans la majorité des protocoles d’empêcher ces réactions par ajout du réactif allyl thio-urée (ATU).



La détermination de la DBO est également influencée par la nature et la

quantité de microorganismes présents. Et, d’autre part, il est important de

réaliser la détermination avec des organismes adaptés à la nature de la

matière organique présente dans l’échantillon. Dans le cas contraire, la

valeur mesurée de DBO ne donne aucune indication sur la biodégradabilité

979



2 • Critères globaux

de pollution



2.8 Demande biochimique en oxygène

(DBO)



de l’effluent concerné. Cette exigence d’une flore bactérienne adaptée est

facile à réaliser avec les eaux résiduaires qui contiennent déjà cette flore,

mais cela peut être très délicat avec certaines eaux résiduaires urbaines,

qui, en plus de ne pas héberger les microorganismes susceptibles de

biodégrader les composés présents, peuvent contenir des substances

inhibitrices (molécules toxiques vis-à-vis de la flore bactérienne) ou posséder des conditions de milieu inadapté à la survie et à la croissance des

microorganismes (pH, teneur en oxygène, absence de nutriments, salinité…). Tous ces éléments devront être pris en compte pour effectuer une

mesure réaliste de la DBO.

Par ailleurs, certains corps réducteurs comme les sulfures, les sulfites, le fer

ferreux, susceptibles d’être rencontrés dans les effluents industriels réagissent aussi sur la consommation de l’oxygène. Le problème se compliquera

encore en présence de mélanges de rejets d’origines diverses. Pratiquement,

la demande biochimique en oxygène devrait permettre d’apprécier la charge

du milieu considéré en substances putrescibles, son pouvoir auto-épurateur

et d’en déduire la charge maximale acceptable, principalement au niveau

des traitements primaires des stations d’épuration.

Pour sa détermination, on dispose :

– d’une méthode par dilution qui ont pour principe d’établir une dilution de

l’eau riche en matières organiques par une eau apportant l’oxygène dissous dont on mesure la quantité résiduelle, dans des conditions opératoires

bien déterminées ;

– d’une méthode sans dilution destinée aux eaux de faible DBO

(< 6 mg/L O2),

– de méthodes instrumentales qui sont dérivées de méthodes respirométriques permettant de suivre automatiquement l’évolution de la demande

biochimique en oxygène au cours de l’oxydation des matières organiques

contenues dans l’eau. L’oxygène apporté au milieu peut être fourni soit par

l’électrolyse d’une solution acide diluée, la mesure de la quantité de courant

débité étant alors proportionnelle à la consommation d’oxygène, soit délivrée par une pompe doseuse à partir d’un réservoir d’oxygène pur à la

pression atmosphérique. Les conditions de la mesure, pendant laquelle

l’eau à étudier est en équilibre avec une atmosphère dont la pression et la

concentration en oxygène demeurent constantes, se rapprochent ainsi des

conditions réelles de l’auto-épuration d’une eau usée.

Avant l’analyse, l’eau brute tamisée est décantée dans un cône spécial

pendant deux heures. L’eau résiduaire est alors prélevée par siphonnage

dans la zone centrale de l’éprouvette.



2.8.1 Méthode par dilution

La demande biochimique en oxygène (DBO5) est définie comme la quantité

d’oxygène consommée dans les conditions de l’essai, c’est-à-dire après

incubation durant 5 jours, à 20 °C et dans l’obscurité, par certaines matières présentes dans l’eau, principalement pour assurer leur dégradation par

voie biologique. La mesure de la quantité d’oxygène consommée est suivie

dans une solution ensemencée ou non.

980



2 • Critères globaux

de pollution



2.8 Demande biochimique en oxygène

(DBO)



■ Principe



Mesure de l’oxygène consommé en cinq jours par un échantillon dilué avec

une eau saturée en oxygène, ensemencée avec des germes, puis placé

dans une enceinte thermostatée à 20 °C.

■ Matériel spécial

– Flacons en verre à bouchon rodé de 150 ou 250 mL.

– Enceinte thermostatée à 20 °C ± 1 °C.

– Matériel nécessaire au dosage de l’oxygène dissous (A-4.3), de préférence un oxymétre.



■ Réactifs

BACTÉRIEN POUR ENSEMENCEMENT



Si l’eau à analyser n’est pas riche en microorganismes, on pourra ajouter selon les cas

l’un des inoculum suivants :

– eau résiduaire urbaine frche (de préférence après décantation),

– boue urbaine frche prélevée par exemple dans un bassin d’épuration biologique,

– eau de rivière, prélevée quelques kilomètres en aval d’une station épuration urbaine,

– réactif d’ensemencement disponible dans le commerce.



SOLUTION



TAMPON DE PHOSPHATES (PH



= 7,2)



Dans une fiole jaugée de 1 L, dissoudre successivement les réactifs suivants avec de

l’eau déionisée :

dihydrogénophosphate de potassium (KH2PO4)



8,50 g



hydrogénophosphate de dipotassium (K 2HPO4)



21,75 g



monohydrogénophosphate de sodium dihydraté (Na 2HPO4, 2H20)



33,40 g



chlorure d’ammonium (NH4Cl)

eau déionisée



SOLUTION



D

EAUX RÉSIDUEAIRES



INOCULUM



1,70 g

q.s.p.



1 000 mL



SALINE



Dans une fiole jaugée de 1 L, dissoudre successivement les réactifs suivants avec de

l’eau déionisée :

chlorure de fer (III) hexahydraté (FeCl3, 6 H2O)



0,25 g



sulfate de magnésium heptahydraté (MgSO4, 7 H2O)



22,5 g



chlorure de calcium (CaCl2)

eau déionisée



SOLUTION



27,5 g

q.s.p.



1 000 mL



DE CONTRÔLE GLUCOSE /ACIDE GLUTAMIQUE



Cette solution doit être préparée chaque jour avec des réactifs préalablement séchés

à 105 °C pendant 1 h :

D-glucose anhydre (C6H12O6)



150 mg ± 1 mg



Acide glutamique (C5H9NO4)



150 mg ± 1 mg



Eau déionisée



q.s.p.



1 000 mL



Cette solution présente une demande théorique en oxygène égale à 307 mg/L d’oxygène.

Sa DBO empirique est la suivante :

– DBO5 = 210 mg/L ± 20 mg/L

– DBO7 = 225 mg/L ± 20 mg/L



981



2 • Critères globaux

de pollution



SOLUTION D’ALLYL THIO-URÉE À



2.8 Demande biochimique en oxygène

(DBO)



1 g/L



Allyl thio-urée (C4H8N2S)

Eau déionisée



500 mg

q.s.p.



500 mL



Stockée à 4 °C, cette solution se conserve environ 2 semaines.



■ Mode opératoire



PRÉPARATION DE L’EAU DE DILUTION

Pour préparer 1 L d’eau de dilution, on ajoutera à 1 L d’eau déionisée :

– 1 mL de la solution tampon de phosphates,

– 1 mL de la solution saline.

Cette solution sera amenée à 20 °C et aérée pendant au moins 1 heure

en prenant soin de ne pas la contaminer. Vérifier que la teneur en oxygène

dissous est voisine de la concentration de saturation à 20 °C (9,1 mg/L).

Laisser reposer à 20 °C dans un récipient débouché pendant environ 1 h

avant usage et l’utiliser dans les 24 h.

PRÉPARATION



DE L’EAU DE DILUTION ENSEMENCÉE



Ensemencer l’eau de dilution juste avant son utilisation en ajoutant 5 mL (*)

d’inoculum bactérien pour ensemencement.

Si l’eau à analyser est une eau résiduaire urbain, cet ensemencement n’est

pas nécessaire.

CALIBRATION DE L’OXYMÈTRE

Lire soigneusement la notice de l’appareillage et effectuer les opérations

de calibration.

CONSERVATION DE L’ÉCHANTILLON

La détermination de la DBO doit être commencée le plus tôt possible après

le prélèvement et dans tous les cas dans un délai inférieur à 24 h.

Si ce n’était pas possible, on peut éventuellement envisager de congeler

l’échantillon avant la mesure. Mais dans ce cas, il faudra nécessairement

ensemencer l’eau de dilution avec un inoculum bactérien.

CHOIX DES DILUTIONS À RÉALISER SUR LES ÉCHANTILLONS

Il est recommandé de réaliser trois dilutions (ou plus) pour chaque échantillon.

Il convient en effet que la teneur en oxygène dissous après 5 jours d’incubation soit encore suffisante pour ne pas être considéré comme un facteur

limitant pour la réaction de biodégradation. On considère en général que

la concentration résiduelle en oxygène dissous se situe entre 1/3 et 2/3 de

la concentration initiale.

Vu la difficulté à choisir le taux de dilution idéal, on cherchera à évaluer la

DBO présumée pour chaque échantillon, par exemple en évaluant sa DCO

et en estimant la fraction biodégradable (cf. § D-2.16).

(*) Vérifier que la teneur en matière organique de cet inoculum n’interfère pas significativement sur la

mesure de la DBO (essai à blanc). La demande chimique en oxygène en 5 jours de l’eau de dilution ne doit

pas excéder 1 mg/L d’oxygène. Si c’est n’est pas le cas, le volume d’inoculum pourra être modifié.



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